Chaque fois que j’écris un texte, un poème, j’ai l’impression de m’arracher la peau. C’est douloux, intense, et c’est souvent accompagné de larmes féroces.
Quand j’écris quelque chose qui me tient à coeur, je ne me focalise plus sur la littérature, sur la manière dont ce sera perçu, lu, compris. Je m’exprime, je me décharge d’une grande peine aussi précieuse que la vie elle-même.
« Ce qu’il te restera », est un poème non littéraire, une chansonette triste, attendrissante, quelque chose qui nous ramère à une époque où nous avions prévu beaucoup de choses, où l’on pensait que tout serait facile avec beaucoup de travail, et une bonne dose d’honnêteté.
« Ce qu’il te restera », c’est ma peau de chagrin, arrachée de quelques souvenirs.
Ce qu’il te restera
On ne choisit ni son père, ni sa mère.
On ne choisit pas l’endroit où l’on va vivre, grandir, vieillir…
Petit, on s’imagine : « Je serai ça, je serai là. »
Mais la vie te détourne toujours vers un autre chemin.
Mais si tu es aimé de ton père et de ta mère,
Si tous les deux te prennent par la main et te soutiennent,
S’ils te rassurent : « Qu’importe qui tu seras, qu’importe où tu iras,
Ton père et ta mère t’aimeront, t’encourageront, te donneront une voix,
Et même si la vie a prévu d’autres choses pour toi,
Ton père et ta mère, eux, ont prévu un abri au chaud.
On t’y respectera, on t’écoutera, tu auras ta place.
Et parmi tes frères et sœurs, il n’y aura pas de favori,
il n’y aura pas d’ennemi. Oui, au pire, ce qu’il te restera, ce sera…
….
Ce sera
….
….
Une famille.