Poème pour ma grand-mère Hnifa

Quelle douceur que sa caresse

Sur mon épaule qui se redresse

Sur son visage qui se plisse

D’un tendre sourire plein d’allégresse

Ma petite grand-mère qui est au ciel

Au paradis, près des anges célestes

Regarde-moi toujours, toujours !

Embrasse-moi du regard à défaut de tes lèvres

Ma jolie reine, si jolie ; grâce incarnée dans la perfection de tes gestes

Je voulais t’habiller en or, mettre une couronne sur ta tête

Te donner des ailes quand tu ne pouvais plus marcher

M’arracher le cœur quand le tiens a cessé de fonctionner

Mourir à ta place et te voir tout recommencer

Oh mon âme, peut-on vivre orphelin d’elle

Quand elle vous a tout donné et vous a rendu femme

Elevé en son sein, gardé loin des drames

Si bien que vous croyiez le monde doté du même charme

Ma petite mère… Dans mon cœur, tu étais grande

Dans ces vers, tu es immense,

Ma vie, tu l’as remplie ; il n’y avait de place pour personne

Ma vie, tu l’as embellie, et maintenant, il n’y a que le silence qui résonne.

Poème de Dalila Hannouche.

Le harcèlement moral dans le monde de l’entreprise

Le harcèlement moral au travail peut provenir d’une femme haut placée dans l’entreprise, une femme dont la parole vaudra toujours plus que la vôtre.  Faute de preuves tangibles, vous manquerez de témoignages. Vous-même penserez : « C’est peut-être moi qui divague, moi qui imagine des choses… » Tout le monde a peur d’elle, ou plutôt, tout le monde a peur pour sa place. Aujourd’hui, elle vous persécute, demain, sa cible, ce sera quelqu’un d’autre. Réagir ou Partir ? Une prise de décision qui n’est pas toujours facile.

Lamia a vécu ce que l’on pourrait appeler un harcèlement moral dans son lieu de travail. Elle se revoyait dans le roman de Delphine de Vigan « Les heures souterraines », et comme le personnage principal, elle a quitté quand il était trop tard, quand tout était cassé, quand elle était cassée.

Quelque chose n’est plus. Ça peut être le manque de respect d’un de ses supérieurs hiérarchiques, tout comme ça peut être sa jalousie vorace. Les raisons sont multiples, la liste est longue, mieux vaut ne pas rentrer dans les détails.

Lamia réalisait des choses importantes que lui ou elle n’arrivera jamais à faire. Elle était jolie, même séduisante, appréciée des autres collègues. C’est ridicule, impensable et impossible pour elle, mais pour cette personne, c’était le pire des outrages (Fait à Sarah Keller… Plaisanterie à part, personne ici ne s’appelle Sarah Keller).

Donc, ce supérieur – en général, une femme – souffre cruellement de n’avoir ni mari, ni enfants et qui faute de bonheur familial et de joyeux marmots, a pour seul objectif de pourrir l’existence de Lamia. Sa jeunesse, sa fraicheur, éveillent en elle une blessure peut être plus précieuse que la vie, une blessure pire qu’une maladie. C’est un cancer, c’est son cancer, et elle fera tout pour l’éradiquer, tout pour l’effacer, tout pour que vous partiez.

Lamia, ça peut être vous aussi, ça peut être n’importe qui.

Des idées comme de mauvaises herbes pourries, ne manqueront pas à germer dans l’esprit du supérieur hiérarchique ; on vous isolera de la société : un autre étage, un autre bâtiment, qu’importe, qu’on ne vous voit plus !  La possibilité de vous mettre dans les toilettes du coin n’est pas sans leur déplaire mais ils n’oseront jamais ; ce sera leur rêve secret. On vous fermera les portes du côté de votre bureau afin de n’avoir pas accès à l’ascenseur, et qu’à cela ne tienne, on vous défendra d’ouvrir les fenêtres, en plein mois d’aout et sans climatiseur, en faisant allusion à la terrible pollution qui guette chaque particule oxygénée, à la noirceur soudaine des murs, aux égouts qui peuplent nos rues.

Crise financière oblige, vous continuez à revenir. Votre patron et vos collègues sont quand mêmes adorables, vous les côtoyez chaque jour, le sourire aux lèvres sans jamais rien confier de vos déboires…

La supérieure hiérarchique ne comprend pas votre réaction si insipide, si désinvolte ! Ma parole, vous la chercher !  C’est donc votre faute si elle ne s’arrête pas là et qu’à votre étage seulement, elle coupera l’eau et l’électricité dans les toilettes. La mauvaise odeur est loin de leur faire peur. Ils se croiront imbattable, mieux, indolores…

Le harcèlement au travail, n’est pas à prendre à la légère.  Un supérieur hiérarchique peut aller loin dans ses machineries, dans ses mesquineries. Une tactique des plus redoutables peut se mettre en travers de votre route. Le cercle se resserre quand il y a des complices.

Soyez courageux. Soyez patients mais sachez partir quand il le faut. Quand ça ne devient plus possible, il faut se dire que quelque part, ailleurs, quelque chose de mieux nous attends.

Dalila Hannouche

Extrait du recueil de contes « Révèle-moi ton secret » de Dalila Hannouche

« De la part de Blanche, il recevait tant de prévenances qu’il n’aurait échangé son corps de loup pour rien au monde. Il sentait que dans son cœur, quelque chose frémissait, s’agitait, poussait, quelque chose comme une graine d’amour… »

Extrait du livre « Révèle-moi ton secret » de #dalila_hannouche

Extrait de ‘La promesse de l’aube  » du livre ‘Révèle-moi ton secret’

Résumé :

Agir dans le présent pour ne pas reproduire les mêmes erreurs du passé. Et si c’était possible grâce à l’horloge des souvenirs ? Objet démoniaque très puissant, capable de dévoiler aux diables les tourments cachés des hommes.

Jord a l’idée folle de s’en servir afin de découvrir ce qui s’est déroulé il y a quatre années de cela, avant que toute sa vie et celle de ses proches ne basculent.

La promesse de l’aube… Ce gage de bonheur… Sera-t-il à jamais perdu ?

A la conquête de la vérité, Jord apprendra, à ses dépens, des secrets insoupçonnés.

« La promesse de l’aube » est un des contes de ‘Révèle-moi ton secret’.

Algérie, mon beau pays

De voir toute cette foule, tous ces gens acclamer la liberté, le droit à la dignité. Je me sens poussée à écrire. Marcher avec eux ne me suffit pas. Je n’arrive plus à contenir toutes ces émotions de joie. Je veux écrire…. écrire pour eux et pour moi. Pour ces femmes si nombreuses, sorties le 8 mars 2019.

Poème pour mon pays

Femme algérienne, tu épouses les idées fécondes
De justice, de liberté, de laïcité.
On devine dans ton regard une secrète flamme
Reflet de ton âme ou force insoupçonnée ?

Quelle grandeur émane de toi, quel courage ! 
Lorsque près des hommes, tu scandes la dictature
Qui fait rage. J’entends de ta voix frêle et pure
Des paroles dures. Mais c’est la voix de l’espoir qui me susurre :

L’Algérie c’est notre mère. Nous lui rendrons sa couronne volée
Par ces fantômes et ces spectres. Par ces voleurs acharnés.
A l’aube qui paraît, les consciences s’éveillent 
Et le pays tout entier marche ensemble vers toi… Liberté.

Dalila Hannouche.

Crédit de la photo : Nadjib Benmokhtar

UN JOUR J’OUVRIS LES YEUX SUR CE MONDE

Ce texte a été écrit lors du concours PlumArt organisé par la librairie Art et Culture à Oran. Le thème du concours s’intitulait « Raconte-moi la ville d’Oran ». C’était en 2014. Si vous saviez quelle a été ma joie lorsque j’appris ma récompense le deuxième prix ! Cela signifiait une chose :  mon texte avait su toucher le jury.

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Un jour j’ouvris les yeux sur ce monde, dans un pays rempli de tourmentes, mais  dans une ville qui mérite que l’on raconte l’histoire de ceux qui l’ont aimé ainsi que de ceux qui  l’aiment encore.

Je ne connaissais ni les rues d’Oran, ni son histoire, mais voilà qu’un concours d’écriture m’a poussé à découvrir son âme, à me plonger dans ses entrailles ! Une mer, des monuments, des anciens Day sous l’air Ottoman,ne seraient pas suffisants pour dévoiler les mille et une facettes d’Oran.

Wahran el bahiya, Oran, la belle, l’envoûtante, la ville où jadis les lumières ne s’éteignaient pas, la ville où l’on marchait sur ses trottoirs pour que les visages se reflètent avec joie. Si on a voulu la conquérir par d’innombrables colonisations répétées, on aura bien vite compris que cela serait sans succès,puisque au lieu de la conquérir, c’est nous qui avons été conquis.

Si le cœur vous semble lourd, si vous sentez qu’il n’y a pas d’échappatoire aux alentours, rendez-vous donc prés de Front de mer, vous y trouverez la consolation escomptée. Un des moments les plus magiques est certainement lorsque les lumières des bateaux avenants se mêlent avec les étoiles du ciel,c’est un pur enchantement, un délice pour les yeux, un spectacle ouvert à tout public, même aux plus miséreux.

La richesse d’Oran se situe dans son mélange de cultures, de langues et de religions.Il n’y a qu’à visiter la Cathédrale du Sacré Cœur pour s’en rendre compte.Transformée en bibliothèque municipale, elle accueille les amoureux du livre,ouvre grand ses bras, élargit ses couloirs, laisse pénétrer la lumière divine,comme pour nous offrir son consentement et réunir dans la paix deux religions : l’islam et le christianisme.

Il y a également un endroit qui me fascine ; lieu de recueillement, de consolation aux Oranais ayant perdu leur proche, elle représente à mon humble avis la couronne d’or de l’Oranie. Construite en hommage aux victimes de la terrible épidémie de Choléra qui frappa la ville en 1834, la Chapelle de Santa Cruz attire jusqu’à aujourd’hui  curieux et avertis.

« Ave Maria », peut-on lire sur la description latine de la majestueuse statue qui représente la vierge Marie. Penchant légèrement sa tête sur la ville portuaire, elle demeure là, à veiller sur nous ; et son visage affectueux,son regard rassurant, pénètre le cœur tumultueux d’Oran.

Notre ville demeure un mystère, une énigme, elle cache ses secrets, ses personnages historiques. Mais elle n’est pas si avare de nous offrir son savoir, elle donne volontiers ce qu’elle a, à ceux qui cherchent et demandent sur son passé, son présent et  son avenir. Elle est la partie d’un tout, et c’est les habitants d’Oran qui forment ce tout.

À ma façon, je laisse également ma trace sur Oran, les pierres que je superpose sont les souvenirs que je garde d’elle. J’avoue qu’il m’arrive de m’indigner,de me mettre en colère, de me révolter face à ceux et celles qui ne croient plus en elle, mais heureusement, il y a encore ses fidèles, ils se battent,vantent sa gloire par d’exquises poésies, et leur rire mêlée au chant de l’espoir, nous fredonnent fièrement et avec victoire: « Oran, tu es et demeureras la perle de l’Algérie ! ».

Dalila Hannouche

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